« A presque la fin du montage »

« Sortir le film du noir. Comme un vampire qui s’expose à la lumière.

Je n’ai jamais autant montré un film que celui-ci. J’invite, j’écoute, pour la première fois peut-être. Il y a ceux qui pensent savoir, petites autorités, et ceux qui regardent. Je prends des notes. J’écoute les gênes des gens. Rarement leurs solutions. Elles ne se trouvent que dans le travail et dans le hasard, à la table.

Je rêve d’un montage qui ne soit ni montage image, ni montage son. Simplement montage. Auquel viendrait se substituer uniquement le mixage. A chaque fois, je pense voir la fin, et puis quelque chose qui ne va pas apparaît. Un moment différent, une raison différente, mais toujours une ombre qui se déplace. Et le travail reprend. Et encore et toujours, depuis quelques semaines, éternellement la même phrase lorsque je rencontre quelqu’un :

– Alors, tu en es où ?
– A presque la fin du montage. »

Par Bertrand Bonello pour les cahiers du cinéma, au sujet de l’Apollonide.

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