Les mains dans le cambouis

J’aime bien cette expression.

On est là, et on y plonge les mains. On démonte et on remonte, comme on le ferait avec un engin composé d’une centaine de petites et grandes pièces à assembler, à visser, à emboiter, à comprendre, sans mode d’emploi (!) pour sortir le prototype, qui doit marcher sans qu’on en connaisse vraiment ni la fonction ni la forme finale !

Le cambouis est gras, il colle aux mains, mais il permet aussi de mieux faire glisser. Attention à ne pas s’essuyer le front avec les mains toutes noires !

On se transforme en mécano de la général et on y va…

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« Le montage est un ectoplasme »

« Le paysage cinématographique n’a plus grand chose à voir avec le paysage original, avec sa réalité commune, naturelle et sociale.

Le cinéma est un art de la découpe. Le cinéma découpe des paysages à la hache. Exsangues, les paysages y perdent naturellement leur physionomie première et tout leur tremblement au tranchant des plans du cinéma et de leur extraction.

D’extérieur, la paysage ainsi découpé, filmé, monté, devient intérieur.

Le paysage cinématographique, sous ses dehors, ne parlerait ainsi plus tant de la France, par exemple, que de son intériorité, désormais : l’intériorité de la France, qui est rendue là visible par ce prodige qu’est la transfiguration du cinéma.

(Le montage est un ectoplasme, s’y montre un réalité qui d’elle-même n’a jamais existé – hors celle des plans épars dont elle est l’assemblage – d’où la puissance inouïe, d’où son branlebas…) »

Bruno Dumont.