Les roches

Erreur du correcteur orthographique ou faute de frappe ? Plusieurs échanges sms où nous nous parlons « des roches ». 

« J’ai branché le disque dur et copié les roches dedans ». 

Les rushes deviennent des pierres, des cailloux, de la roche, de la matière solide et ancienne. C’est assez vrai pour ce projet dont les images ont parfois 14 ans.

Monter des roches moi ça me plait bien. J’adopte. 

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Rushes à domicile

Tiens, quelque chose vient d’évoluer dans ma pratique.

Je constate que depuis deux films (une fiction et un documentaire), j’ai plaisir à regarder des rushes chez moi. C’est très nouveau. Je ne l’avais jamais fait auparavant.

Je me demande comment cela m’est venu et pourquoi j’aime bien le faire ?

C’est souvent le week-end que ça me prend. Est-ce l’envie de ne pas couper pendant deux jours ? Je ne crois pas, je ne suis pas une fanatique du travail 24/24. Est-ce l’envie de regarder autrement ? On s’en rapproche…

Chez moi, le rush est dans un autre paysage. Le mien. Il est hors du temps du travail. Hors de la machine. Il est là, il se déroule mais moi je peux bouger. Oui c’est ça, je bouge plus facilement (physiquement je veux dire), et le mouvement me donne un autre ancrage du rush en moi.

Je suis aussi beaucoup plus détendue. Je regarde à un moment que je choisi, pendant lequel je suis entièrement disponible.

Je note des impressions, des grandes lignes, des idées, des questionnements. Je suis dans une sensation globale, une pré-élaboration avant d’attaquer le rush pris dans les filets du logiciel.

C’est comme si c’était à la fois plus intime et plus distancié qu’en salle de montage.

Mais je ne ferai pas que ça. J’ai besoin de la salle de montage. J’ai besoin de voir des rushes avec ma réalisatrice pour échanger, parler, commencer à construire.

Ça reste occasionnel. Ça m’apporte une relation plus intime avec les personnages, peut-être comme si eux aussi pouvait connaître quelque chose de moi ?!

Je remarque que ce sont des souvenirs forts. Et le lendemain quand je reprend ces rushes en salle de montage, j’en ai déjà une pré-connaissance, très nébuleuse mais qui me guide.

Comme un « déjà-vu ». (Avec l’accent américain !)

J’ai encore rêvé d’eux

Un grand classique. Je passe trois journées de suite à rencontrer mes nouveaux rushes, en l’occurrence ceux du film sur les bijoux, je les regarde, je les reçois, je les écoute, et les coquins s’emparent de moi.

Ils viennent me rendre visite la nuit. Ils se font une petite place dans mon intérieur. Ils se glissent et s’immiscent. Ils me perturbent et créent tout un système de pensées et de connexions à mon insu !!

Ils m’enchantent aussi. Me font rêver, voyager, rencontrer. Je comprends qu’il faudra en dompter certains plus rebelles que d’autres.

Des personnalités me marquent. Je découvre leur voix, leurs tics, je les trouve si souvent bourrées de charme.

Tour à tour je me noie ou m’éloigne, je plonge ou reste sur le bord, et de ces mouvements intérieurs, je tire les conséquences et analyse les forces et les faiblesses de mes nouveaux petits rushes adorés.