AVID

Cette semaine c’est révisions générales sur le logiciel AVID MEDIA COMPOSER.

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Grâce à mon super formateur (Johan), chez Vidéo Design (endroit cher à mon coeur), j’ai renoué avec ce logiciel que j’utilise trop peu.

Le saviez-vous ?

Dans Avid , on peux se faire un menu hamburger ! (si si, c’est tout en bas à gauche) et comme on en parle toute la journée, ça donne faim !

Dans Avid, il y a eu feu « l’haltérophile » et il est bien regretté de nos amis AVID-maniac dont Johan semble faire parti… AVID serait super fun et totalement ancestral ! C’est que Johan concurrence sévèrement Vincent C. et sa théorie de l’évolution pour nous expliquer FCPX (article à lire ici).

Dans Avid, il y a milles et une manière de « gagner des clics » en utilisant son superbe-magnifique-et-personnalisé clavier.

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Il paraît qu’à la fin de la semaine, si je deviens totalement opérationnelle j’aurai droit au titre de Jedi !

J’ai hâte !!

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Filmer (et monter) la boxe

Là où la fiction met scène la violence du combat par un découpage et un montage ciselé, le documentaire montre l’apparente banalité et choisit plutôt le plan séquence. Deux approches tout aussi véritables et engagées.

1- Boxing Gym de Frederick Wiseman (documentaire)

Ici rien de spectaculaire. Pas de héros, pas de combat, mais des corps qui s’essaient au dépassement de soi, à la frappe, à l’effort, à l’agressivité et à la reprise. Des hommes, des femmes et des enfants. Des poings, des pieds, au rythme du souffle. Presque nous viennent les odeurs des corps et des sacs de frappe.

Pourquoi le plan séquence ? Le plan séquence permet un développement dans le temps. On a le temps de regarder, de sentir, d’accompagner. On a le temps de mesurer l’effort et « d’être avec ». On peut rencontrer, regarder, s’attarder, contempler, mais aussi « comprendre » physiquement la fatigue et les mouvements.

Parfois le son vient raconter ce qu’on ne voit pas. Les pieds sautillent, « avant-arrière »-« avant-arrière »-« avant-arrière » et le son nous donne la rythmique des poings pourtant absents de l’image. Ca devient un ensemble qu’on ne peut dissocier.

Les rounds sont ceux de l’entrainement. « biiiip ». De trois minutes en trois minutes, « biiiip » la vie d’un club.

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2- Raging Bull de Martin Scorsese (fiction)

Ici du combat en noir et blanc. De la puissance. Des coups. Des gants qui frappent et des visages qui éclatent.

Le montage va chercher l’affrontement, mettre en scène le face à face et la supériorité de l’un. Il permet le corps à corps, les peaux, le sang, le regard, les cordes. Principalement du plan serré, court, vif, extrèmement varié dans les cadrages, avec une escalade de la douleur et de la fatigue. La progression ne fait plus en temps réel comme dans le plan séquence, mais dans la construction du plan à plan. Chaque nouveau plan donnant à voir une nouvelle expression du combat.

Au son, le hors champs est celui de la foule qui acclame. Les plans sont si serrés qu’on ne verra pas le public, mais on l’entendra porter le héros à la gloire.

Les ralentis et la musique viennent « consacrer ». Apaiser également, une seconde phase après la violence, la redescente.

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3- Million Dollar Baby de Clint Eastwood (Fiction)

Dans ce film, le montage met en scène la médiatisation du combat. Tout n’est qu’ombre et lumière. Le devant de la scène et l’arrière de la scène. Les tenues brillent, les écrans de télévision aussi, mais dans l’ombre, les regards des deux entraineurs et du public vivent eux-même le combat.

Le ring n’est plus central. Ce sont les personnages qu’on raconte en premier lieu. Leurs visages, ce qu’il vivent intérieurement. Leurs histoires à chacun autour de ce moment qu’est le combat.

Le montage alterne donc les frappes, les visages en plan serrés, les actions en plan large, et la galerie de personnages qui suit avec intérêt le parcours des boxeuses. L’histoire (et le montage) dépasse la performance pour s’attacher aux ressorts et aux enjeux à la fois narratifs et émotionnels.

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Il semblerait que le montage comme la boxe soit une affaire de précision, de rythmique et d’engagement.

Pourquoi j’aimerais monter les films de Xavier Dolan ?!

– Parce que son cinéma est libre et inventif.

– Parce que son rapport à la musique représente pour moi toute la puissance du cinéma : raconter sans les mots. What else ?

– Parce que les femmes qu’il filme sont sublimes et complexes et belles et fortes. Ce sont des femmes qui désirent, des femmes qui se battent, des femmes qui crient et des femmes fragiles, qui ont peur. (Avec ces figures féminines, il rejoint un peu l’Almodovar qui m’a bouleversée quand j’étais jeune ?)

– Parce que j’adore l’accent québécois et que je pourrai l’entendre indéfiniment.

– Parce que ces films sont pleins d’humour, et d’amour. De joie, de beauté et de chagrin, de souffrance.

– Parce que ses personnages masculins sont tout aussi sensibles, intelligents, rayonnants et à vif.

– Parce qu’il monte lui-même et qu’il a cette intuition du montage. Cette force qui pousse à bousculer. À créer. À ré écrire. À inventer.

– Parce que du linge tombe du ciel, parce que certains de ses raccords sont bizarres et qu’on s’en fout, parce que moi aussi je danse sur Celine Dion quand je suis triste, parce qu’il est jeune et parce que son cinéma c’est mon cinéma. Depuis le début. Je souhaite travailler avec des réalisateurs qui explosent les codes, jouent de tout, écrivent des images, pensent des sons, mélange tout ça, vont chercher loin dans leurs propres histoires, pour faire de la vie une œuvre poétique sur grand écran.

Pour nos rires et pour nos larmes ! Des films qui marquent… Puissamment… Longtemps…. Merveilleusement…

Parce que le montage c’est fait pour sublimer, pour s’amuser, pour chercher, pour rencontrer, pour raconter, pour inventer.

Lover dose

On m’a souvent dit que je ne parlais pas assez ici des choses qui fâchent. Des moments où on n’en a vraiment marre. Des mauvaises expériences. Cela est aussi du à mon tempérament profondément positif et amoureux du travail.

Pourtant, je l’avoue, je vais parfois en trainant les pattes à un visionnage de travail. « Oh non !!!! revoir encore tout le film ! » « je n’en peux plus, je ne vois plus rien » « je le connais par coeur et plus que par coeur » « j’en suis écoeuré » c’est trop.

J’appréhende ce moment où je vais encore chanter intérieurement le texte, quasiment inscrit dans mon corps puisque je vais même jusqu’à mimer les postures ou les sourires des personnages. Où je vais encore m’énerver de telle séquence encore bancale, ou de tel conflit d’opinion avec le réalisateur. Le film est loin de ne plus rien me faire, en réalité il me fait trop ! Il y a trop de hors champ du travail qui vient me parasiter et une lassitude à voir toujours les mêmes images…. pfffff…. revoir…. revoir…. re re re voir…..

Pourtant, c’est à ce moment précis que la magie opère. La magie du travail, la magie du film. Car le voilà qui m’emporte une millième fois, me révélant encore des nouveautés. Comment est-ce possible ? Je n’en sais rien.

Me voilà à nouveau prise et éprise et dans le désir. Alors que je croyais que tout était terminé entre nous, entre ce film qui résiste et moi. Et bien non.

C’est lover dose.