W.M.

La conférence de Walter Murch à la cinémathèque enfin en ligne !

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Rencontre avec Christophe Loizillon

La prochaine réunion mensuelle aura lieu le mercredi 13 mai à 20h précises, salle Jacques Demy, au 1er étage de La fémis (attention, pas de réunion le 6 mai).

Nous recevrons Christophe Loizillon, un cinéaste qui réalise des films en marge du système dominant, le plus souvent des courts-métrages, comme d’autres peignent ou sculptent. Son cinéma singulier invite le spectateur à être attentif aux détails et à l’invisible de notre quotidien.

Neuf films (Les mains, Les pieds, Les visages, Corpus/corpus, Homo/animal, Homo/végétal, Famille, Petit matin, Square) réalisés entre 1995 et 2014, forment une somme de 57 plans séquences qui se répondent les uns avec les autres, d’un film à l’autre.

Mais quid du montage avec un tel cinéaste ?
Les plans séquences seraient-ils un refus de montage ?
Pourquoi alors C. Loizillon travaille-t-il systématiquement avec des monteurs ? Que font ces derniers dans ce processus très particulier d’écriture cinématographique ?

Rencontre avec un cinéaste du temps.

Projection de Corpus/corpus suivie d’une discussion sans coupe !

Si vous voulez en savoir plus sur le mystère Loizillon : https://loizillon.wordpress.com

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La caméra est une voleuse, le monteur un chercheur d’or…

Hier matin je rencontrais Bernard Sasia et Clémentine Yelnik autour de leur film Robert sans Robert pour un entretien qui paraîtra sur le blog documentaire.

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Robert sans Robert, c’est un documentaire sur les films de Robert Guédiguian, sur la place et sur le travail du monteur, en l’occurrence celui de Bernard Sasia qui a monté tous les films de Robert.

C’est donc un film qui « caresse », pour reprendre les termes de Clémentine, les secrets du montage, comme ça l’air de rien, mais qui pousse au maximum l’expérience d’un remontage de 17 films pré-existants.

Pendant l’entretien, Clémentine me dit que Robert Kramer disait « la caméra est une voleuse ». Je ne retrouve pas la citation exacte sur internet mais cette phrase me touche.

Oui, la camera vole aux comédiens (ou aux personnes qui acceptent de se faire filmer) des morceaux d’eux-mêmes. Elle leur vole une part d’intimité : leur voix, leur peau, leur rire, leur souffle et surtout, bien évidement, leur regard. Leurs yeux qui deviennent miroir de nous-même, qui permettent l’identification, le transfert.

La caméra est donc une voleuse, et le monteur un chercheur d’or…

Car nous les monteurs nous sculptons à la manière d’un artisan, à partir de cette multitude de prises, des PERSONNAGES.

Nous les façonnons dans les moindres détails. L’intensité d’un regard se mesure en nombre d’images. C’est LÀ – à cette image précise qu’on coupe pour révéler la puissance d’un regard.

Mais nous sculptons aussi avec le son. Ajouter une respiration. En enlever une autre. Jouer avec un gros plan. Faire coïncider des regards ou préférer qu’ils ne croisent pas. Une partie de la direction d’acteur se fait au montage.

Nous modelons cet homme ou cette femme, ce personnage, ce héros, à partir d’éléments aussi infimes qu’un pli sur la peau, qu’une main retenue, ou que le soupir d’un corps. 

C’est ce que nous montre admirablement bien le film de Bernard Sasia et Clémentine Yelnik. Cet amour inconditionnel des personnages et des comédiens. Ariane Ascaride, Jean-Pierre Daroussin et Gérard Meylan y sont tellement magnifiques.

Merci pour ce petit bijou, et cette belle rencontre toute en générosité et d’une grande sagesse.

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Ariane Ascaride et Gérard Meylan dans Marius et Jeannette de Robert Guédiguian, 1997

Forum des métiers du cinéma

CYCLE DE RENCONTRES PROFESSIONNELLES

>> En partenariat avec Côté Court

LE METIER DE MONTEUR (FORUM METIERS DU CINEMA)
En direction des auteurs-réalisateurs et techniciens.

Le 12/06, de 14h à 16h, au Ciné 104 de Pantin, les invités de notre 6ème rencontre seront Emmanuelle JAY et Isabelle MANQUILLET (co-présidente des Monteurs Associés).

Au programme : les compétences requises (savoir-faire et savoir-être), les différents types de parcours, la chaîne de post-production et le choix d’un support face à l’évolution des dispositifs techniques, les clés d’une collaboration optimale entre le réalisateur et son monteur, la gestion des nouveaux entrants et la question de la transmission des savoirs.

LIEU
Ciné 104
104 avenue Jean Lolive, 93500 Pantin
Métro : Eglise de Pantin

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Spectateur-monteur

Sur les (très bons) conseils du blog documentaire, je suis allé « regarder » Alma, une enfant de la violence, le dernier web-documentaire diffusé par Arte.

Le sujet est fort, bien que trop violent à mon goût. Jusqu’où peut-on aller ? Et pourquoi ?

Je dirai que la question se pose à la fois sur le fond, et sur la forme.

Ce qui m’a surprise, attirée, amusée, intéressée, c’est qu’avec la souris de l’ordinateur on peut au cours même du récit d’Alma, choisir de voir son (magnifique) visage, ou bien, un montage photographique et graphique (des dessins animés dans un style BD vont et viennent sur le montage photo). Il suffit de monter ou descendre le pointeur de la souris pour faire apparaître l’un ou l’autre type de récit : l’entretien ou la narration imagée.

Le spectateur devient pour ainsi dire « monteur » d’une partie de la forme du film. C’est alors intéressant d’analyser son propre rapport à l’interactivité. Pourquoi a-t-on envie de passer sur les images ? Qu’est-ce qu’elles apportent de plus ? Pourquoi et quand revient-on sur le visage d’Alma ? Les questions typiques que l’on se pose en salle de montage.

Pour ma part, je suis quasiment allé systématiquement sur les propositions d’images, les trouvant plutôt fortes, justes, accrochant particulièrement avec les dessins qui humanisent les propos violents. Je m’interroge donc sur la nécessité de laisser ce choix au spectateur. Outre le côté nouveau et techniquement très bien fait, est-on dans le gadget ou dans l’apport véritable d’un élément qui transforme notre perception ?

Je penche plutôt pour le gadget. Puisqu’au fond tout cela est déjà pensé et fabriqué (et heureusement !). Mais j’avoue que l’expérience m’a plu.

Alma, une enfant de la violence, un web-documentaire Miquel Dewever-Plana & Isabelle Fougère

Lussas 2012

Je vais pour la première fois aux Etats généraux du film documentaire. Sur fond de nature 5 salles de cinéma improvisées dans le village proposent des projections généreuses (jusqu’à 4h de projections pour une seule séance).

Mon séjour, malheureusement trop court, me permet d’assister à quelques-unes d’entre elles.

Mes coups de coeurs :

« Rouge » d’Alice Heit, un court-métrage plastique qui dépasse largement son sujet à coup de plans inventifs et poétiques, ultra féminin et engagé.

« Toujours mort, enfin vivant » de Richard Frank, un film d’art où corps et image ne font plus qu’un et où la bande son permet cette symbiose (quasiment aucune voix, un apparent silence au service de la rythmique du corps). Il y a là aussi un modèle du genre de l’utilisation du son-fréquence, à montrer à mes étudiants.

et « Café noir et cheveux rouge » de Milena Bochet. Un documentaire immersif tout à fait étonnant dans sa (non)narration.
Note pour plus tard : aller interroger la réalisatrice à ce sujet.

Le cinéma sans voix off est fort, puissant, il rend curieux. Curieux des manques.

À Lussas, les raisins frais remplacent les pop-corns. Chaque spectateur, muni de sa petite barquette de fruits, va et vient grignotant petit à petit les énormes grappes de chassela. Ici tout se partage : sa table, son programme, ses impressions… son raisin.

J’ai aimé Lussas.