Rencontre avec Christophe Loizillon

La prochaine réunion mensuelle aura lieu le mercredi 13 mai à 20h précises, salle Jacques Demy, au 1er étage de La fémis (attention, pas de réunion le 6 mai).

Nous recevrons Christophe Loizillon, un cinéaste qui réalise des films en marge du système dominant, le plus souvent des courts-métrages, comme d’autres peignent ou sculptent. Son cinéma singulier invite le spectateur à être attentif aux détails et à l’invisible de notre quotidien.

Neuf films (Les mains, Les pieds, Les visages, Corpus/corpus, Homo/animal, Homo/végétal, Famille, Petit matin, Square) réalisés entre 1995 et 2014, forment une somme de 57 plans séquences qui se répondent les uns avec les autres, d’un film à l’autre.

Mais quid du montage avec un tel cinéaste ?
Les plans séquences seraient-ils un refus de montage ?
Pourquoi alors C. Loizillon travaille-t-il systématiquement avec des monteurs ? Que font ces derniers dans ce processus très particulier d’écriture cinématographique ?

Rencontre avec un cinéaste du temps.

Projection de Corpus/corpus suivie d’une discussion sans coupe !

Si vous voulez en savoir plus sur le mystère Loizillon : https://loizillon.wordpress.com

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Suspension

Un petit mot pour vous dire que je suis en montage sur un long-métrage.

C’est très intense et passionnant.

Je continu d’écrire, de tenir un journal quotidien, de réfléchir à ma pratique et à de nouveaux enjeux que je découvre, mais je ne publie pas mes textes sur le web pour l’instant.

Ce nouveau journal me prend du temps. Il a également une autre dimension à la fois plus intime et plus quotidienne, laissant (je l’espère), émerger l’essence du travail dans sa durée. Celle d’un montage dans sa continuité.

Je jugerai plus tard de la pertinence de ce nouvel ensemble de textes.

D’ici là, peut-être que j’aurai encore des choses à dire par là.

À tout vite, donc !

Le plaisir du raccord

Je l’ai déjà dit, la base du montage ce ne sont pas les raccords. Pourtant voir un beau raccord ou faire un beau raccord est source de plaisir.

Pourquoi ?

Je le rapproche de la performance sportive ou de celle du jeu. Voir un bel enchaînement de boxe quand on aime ce sport, ou faire un beau coup aux échecs, nous anime ! « Ohhhh » fait la foule et « ohhhh » fait le public averti devant le l’os de 2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Il y aurait donc une dimension ludique et d’exception. Finalement, faire un beau raccord ce n’est pas tous les jours.

Mais alors c’est quoi un beau raccord ?

Est-ce un raccord qui surprend ? Qui fait sourire ? Qui se voit ? Qui émeut ? Qui crée du sens, du rythme ?

C’est un peu tout ça. C’est finalement l’art de mettre en lien. Des lieux, des événements, des actions, qui le sont pas en vrai mais qui le deviennent, par la collure.

Ne serait-on pas dans des figures de style de l’ordre de celles de la littérature ou de la poésie ? Une manière de jouer avec la syntaxe habituelle pour rendre les plans encore plus expressifs.

Créer des parallèles… passer d’une scène d’amour à une scène de lutte en un cut, comme dans Nos héros sont morts ce soir de David Parrault.

 

Traverser des millions d’années en un cut comme dans 2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

 

S’amuser avec les images, les faire résonner comme des rimes, les couper comme des cris, les répéter comme des allitérations, jouer de l’ironie, de l’antithèse et de l’allégorie. Bref, se replonger dans la grammaire et la syntaxe, et pourquoi pas, créer un musée du raccord pour recenser et s’amuser des trouvailles cinématographiques de nos pairs.