Effet boomerang

Pour découvrir l’ensemble des articles consacrés au montage du court-métrage A travers Lucie réalisé par Hélène Joly, c’est ici.

Dernièrement j’ai pu découvrir avec beaucoup d’émotion le mixage et les musiques originales du film d’Hélène Joly que j’ai monté. Moment très fort. C’est à la fois nouveau parce que ces sons et ces musiques je ne les avais jamais entendu, et comme connu parce que nous les avions tellement fantasmés.

Tout le long du montage on parle musique, montage son, on monte nous même certains sons, comme une pré-visualisation, on pense à tout cela. On le prépare. Ca fait partie de l’écriture, de la narration, des ambiances du film, des émotions qu’on veut insuffler au récit, bref du montage.

Il est révolu le temps du « montage image ». Le monteur monte tout. Les images, les sons, les musiques et quand on ne les a pas, on ne cesse d’en parler. On est loin de se préoccuper que des images !

On dialogue beaucoup au sujet de la bande son en général. On invente. Qu’est-ce qu’on va raconter avec ce son d’orage ? La pluie comment doit-elle sonner ? Quelle texture ? Quelle puissance ? Et là, le bruit des draps, tu verra ça va apporter de la présence…

Pour la musique c’est pareil. Il y a ce qu’Hélène imaginait au départ, et tout le chemin qu’on a fait ensemble. Ses intuitions : « je veux de la musique électro » et les miennes « il te faut des brillances, comme des scintillements, c’est ça qui apportera le contraste et révélera ce que ton personnage porte en elle ».

Après le faire c’est autre chose. Ce sont même des métiers différents : monteur son, compositeur, mixeur. Hélène est donc parti avec notre montage sous le bras pour sa grande tournée de post-production. Il y a d’abord eu un travail avec un monteur son qui a nettoyé les sons et complété notre écriture. Une grande partie du film d’Hélène se déroule sous la pluie. Il ne s’agit pas de coller une ambiance de pluie tout le long de la séquence. Ils ont donc travaillé sur les textures de chaque son.

Hélène est ensuite allé chez son compositeur de musique. Ils ont écrit et composé pour le film « à l’image ». C’est à dire que de notre côté le montage image était verrouillé. Ce n’est pas toujours le cas, mais pour ce film c’était possible. On avait pensé en amont les espaces pour la musique. On avait travaillé avec cette donnée dès le départ.

Enfin il y a eu le mixage. Numéro d’équilibriste, où comme un chimiste, le mixeur équilibre chaque composant de la solution pour trouver un ensemble cohérent et complet.

Le film me revient donc comme un boomerang, enrichit et déployé. L’étalonnage est en cours.

Restera tout bientôt à l’offrir aux yeux de tous.

Petit extrait de la bande son signée Fabrice Naud, Xavier Roux, Nicolas Bredin et Marco Schiavoni (musique et mixage)

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