Les mains d’un autre

Quelle frustration ! Je ne peux pas réfléchir sans mes mains !

J’expérimente, dans le cadre d’un co-montage, la place d’à-côté. Celle qui consiste à regarder un monteur travailler et à parler. 

Tout comme la voiture à deux volants n’existe pas, le double clavier non plus. Et je m’aperçois que coupée de mes mains en train de faire, je ne peux plus réfléchir de ma façon habituelle. 

En temps normal, mon cerveau est connecté à la machine par l’intermédiaire de mes mains. 
Je fais ce que je pense. Et je pense ce que je fais. 

Là, le contact direct est coupé et ma pensée ne circule plus sur le mode manipulation – pensée – mouvement de la pensée – mouvement de la main. Mais juste mon regard et ma pensée. 

C’est la première fois que j’ai cette place, pour quelques heures heureusement. 

Et même si les échanges permettent l’élaboration, je ressens fortement la nécessité de toucher pour fabriquer.