Teodora pécheresse

Il est des films qui vous donnent l’envie de travailler avec un(e) auteur(e).

Parce qu’un mélange d’amour, d’admiration, de langage commun, de frissons vous envahissent au premier plan. Et qu’ils ne vous quittent plus.

Vous êtes épris(e) d’un rythme, d’une manière de filmer, dont vous sentez que chaque seconde vous rapproche encore plus de son auteur. Vous vibrez d’une manière particulière. Vous faîtes corps avec le film. Il est vous. Chaque détail entre en résonance avec vos propres choix et vous reconnaissez votre cinéma. Vous savez que c’est rare. 

Vous savez que vous parlez la même langue. Vous savez que vous comprenez tout, y compris les faiblesses. Vous savez que vous aimez, profondément, que se sont vos couleurs et vos batailles.

Alors vous voulez rencontrer cet(te) auteur(e). Vous voulez lui dire que vous avez compris. Que c’est beau. Que ce film, vous auriez aimé le vivre complètement, le construire, le comprendre, l’accoucher. Que c’était pour vous.

Je suis de celles et ceux qui se sentent plus portés par l’empathie et la complémentarité que par la simple différence de point de vue. Avoir du recul est important mais un film n’est pas une couverture que chacun tire à son côté. C’est une toile que l’on tisse harmonieusement, amoureusement, ensemble.

Gros plans. Longueurs. Beauté d’un geste. Lumière naturelle. Peau. Amour. Passion. Documentaire. Fiction. Musicalité.

Teodora pécheresse est un film comme ça. Un film qui m’a chuchoté à l’oreille « cette Anca Hirte (la réalisatrice) est de ta famille ». Son cinéma est beau. Il est grand, il est ce pourquoi tu fais ce métier.

Alors j’ai rencontré Anca. Et j’ai aimé.

A suivre… et à voir…

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Tchin !

Une réalisatrice vient de me téléphoner. Son projet de film vient d’être validé par Arte et c’est moi qui vais le monter. Nous avons déjà travaillé ensemble. Je suis heureuse qu’elle me rappelle. Je suis également heureuse de cette perspective de travail, tant par la qualité de son projet que par notre lien d’amitié. C’est tellement bien quand ça se passe comme ça.

Mais il y a aussi des films sur lesquels j’ai vraiment envie de travailler, pour lesquels j’aimerai me battre et être « jugée » sur plus d’éléments qu’une simple première rencontre. Mais faute de temps, faute d’arguments ou faute de chance, le boulot me passe parfois sous le nez… mon téléphone sonne alors pour m’annoncer des nouvelles moins sympathiques.

« J’ai beaucoup aimé notre rencontre mais il a fallu choisir et ce ne sera pas vous. »

Il y a certains refus plus difficiles à encaisser que d’autres. Quand j’ai vraiment eu un coup de coeur sur un scénario par exemple, quand le projet me parle, que je sens que je pourrai apporter beaucoup. Il est difficile de dépendre d’un feu vert dont je ne maitrise finalement pas grand chose…

« Notre rencontre était passionnante, mais pour mes producteurs c’est plus facile de travailler avec quelqu’un qu’ils connaissent déjà. J’ai donc choisi une autre personne. »

Parfois, je sens lors de la première rencontre que ça ne le fera pas.

« Vous êtes trop jeune, je veux travailler avec une monteuse d’une autre génération. »

Mais une monteuse ce n’est pas comme le vin… pas besoin de prendre de l’âge pour être délicate, subtile et efficace.

Parfois je suis même surprise par les arguments avancés.

« On pense trop de la même manière, on a la même sensibilité, on est vraiment trop proches. »

Vous aimez les conflits vous ?

Aujourd’hui c’est bon ! Un beau film va se faire.

Trinquons !