Le chat qui voyage… 2

J’espère que mes lecteurs ne me tiendront pas rigueur de partager avec eux les très jolis retours que je reçois, mais comme vous le savez, j’aime tellement les jolies choses.

Merci beaucoup Aline, Leonor, T. de vos retours très chaleureux.

« J’ai fini de lire « Plus long le chat dans la brume » et j’ai adoré. Je m’y suis retrouvée dans tellement d’anecdotes de montage, je me disais « mais oui c’est ça, c’est ce que je fais aussi ! » J’ai rigolé en lisant notamment les notes étranges que l’on peut écrire lors d’un visionnage , les petits voix intérieures aussi quand on parle aux plans etc…mais chut je n’en dis pas trop pour ceux qui ne l’ont pas encore lu 😉
Merci pour ce livre, c’est toujours plaisant de lire des écrits à ce sujet !
Je vous souhaite un très joli succès avec cet ouvrage,
Bonne continuation. »

« Je lis les premières pages et j’ai l’impression d’être en possession d’un cadeau précieux. D’une pépite de vie. De… C’est assez magique. C’est un concentré de pensées brutes de…
Une suite de petites choses qu’on a pas envie de gâcher. Un peu comme un sachet de chocolat : c’est délicieux. On voudrait les déguster autant qu’on a envie de tout manger d’un coup. De passer de l’un à l’autre autant que d’en profiter. Je déguste donc. Avec patience et impatience confondu. Avec plaisir. C’est même plus qu’un plaisir. Un délice. Les deux premiers textes, et je fais une pause, pour faire durer le plaisir. C’est la première lecture et je pense que ce ne sera pas la dernière.
Les premiers mots et déjà je suis emportée. Dans un tourbillons d’anecdotes, de ressentis, de pensées. Un tourbillon d’extraits de montage. Et une pensée me vient comme une évidence : « Moi aussi je veux vivre ça ». Tu réussi à transmettre ta passion avec un talent indéniable. C’est magique. Je m’y remet. »

« Je l’ai dévoré en deux soirées et contrairement à ce que je pensais de prime abord, la lecture continue me semble préférable à une lecture discursive car le livre est remarquablement construit. J’aime beaucoup les citations qui résonnent avec le texte. Un beau travail de montage donc ! Le côté journal, les dialogues, tes interrogations et découvertes rendent très vivant notre métier, à milles lieux d’un discours en surplomb. PS : je ne désespère pas de te faire changer d’avis sur les jumps cut ! PS2 : j’imagine que tu as vu que « mentor » est l’anagramme de « monter » ?! »

 

Le raccord slip !

Coupez-moi ce slip ! On doit croire que le comédien est nu !
Quoi de plus tue-séquence qu’un caleçon à pois découvert sous les draps alors qu’il ne devrait pas être là ?

Hop ! Un coup de rasoir. Plus de caleçon. Un homme nu !

Une anecdote qui m’évoque deux choses :

1- parfois les raccords sont guidés par la nécessité de faire disparaître un objet, un défaut dans le plan, et c’est alors une contrainte assez frustrante pour les monteurs mais qui soulage aussi (on n’est pas maître de tout ces petits choix à l’image près ! On a parfois un guide). C’est aussi grisant d’avoir ce sentiment de pouvoir créer à partir de l’existant. Je fais croire à quelque chose parce que c’est mieux pour le film. Je transforme !

2- il y a des slips qui dérangent et d’autres pas ! En effet, le dit caleçon est gênant sous la couverture mais en fin de séquence quand mon personnage se lève, j’accepte tout à fait son caleçon. La cohérence se joue dans l’esprit du spectateur fonction de la scène, de son enjeu et de ce qu’on veut faire croire / penser / ressentir. 

Petite magie (et amusement) du montage !

Lettre à celle qui m’a fait aimer les jump cut

Tu avais lu mon livre (cf : je n’aime pas les jump cut) et pourtant, toi qui les adore, tu m’as dit allons-y.

En douceur, tu m’as fait tailler les plans, les retailler, les re-retailler, et j’ai monté en jump cut.

J’ai fait des coupes garçonnes à tout tes plans. J’ai taillé des bonsaïs dans la jungle majestueuse de ta matière. J’ai haché-menu, méticuleusement, réduisant tes plans à ce rythme effréné qui nous « captive ».

Tu me disais :
– là ! Un zoom.
– là ! Deux secondes.
– là ! Ce geste.

Et j’ai coupé, coupé, coupé.

Je dois confesser que j’y vais encore en cachette par deux fois quand tu n’es pas là, le temps d’apprécier le bon coup de ciseau !

Je suis loin d’être une serial-coupeuse, mais j’ai pris de ton geste, de ton intention, de ta griffe, douce et perçante.

Les roches

Erreur du correcteur orthographique ou faute de frappe ? Plusieurs échanges sms où nous nous parlons « des roches ». 

« J’ai branché le disque dur et copié les roches dedans ». 

Les rushes deviennent des pierres, des cailloux, de la roche, de la matière solide et ancienne. C’est assez vrai pour ce projet dont les images ont parfois 14 ans.

Monter des roches moi ça me plait bien. J’adopte. 

Spécial blog !

Après l’avant-première à Lussas qui s’est très bien passée, deux rendez-vous « signature » spécial blog pour Plus long le chat dans la brume, journal d’une monteuse

Pour les parisiens :

La librairie du cinéma du Panthéon m’accueille pour une séance de signature le 29 septembre 2016 entre 18h30 et 21h. Pour recevoir l’invitation, envoyez-moi un message sur Facebook ou par mail : jay.emmanuelle(arobas)gmail.com

Pour les non-parisiens :

Une dédicace (et une petite surprise) par voie postale dès aujourd’hui ! Il vous suffit de m’écrire sur mon mail perso : jay.emmanuelle(arobas)gmail.com pour me commander le livre signé !

Pour les plus curieux, vous pouvez également consulter le site de la maison d’édition dont le livre est le premier ouvrage : http://www.adespote.com

Je me réjouis d’imaginer Plus long le chat dans la brume entre vos mains, dans vos maisons, sur votre bureau ou dans vos bibliothèques. 

Le blog a pris corps et papier. Au plaisir de partager les mots et les joies du montage avec vous !

PLLCDLB

Monter sans (se) parler

Je fais.
Tu regardes.
Tu souris. Tu repars.

Je refais. J’avance. Je laisse en vrac.

Je reviens. Tu as touché. Découpé. Remonté. Testé.

Je regarde. Je comprends. Je reprends la main. Je continue.

Je te montre. Tu me dis ce que tu ressens.
J’écoute.

Je te parle. Je t’explique. J’invente. Je commente.
Tu me dis que ce n’est pas la peine de parler.

Ne parle pas. Fais.

Je ne parle plus. J’attrape tes commentaires au vol.
Je reprends le montage. Je me sens libre et pourtant dans ton sillage.
Tu es absente et pourtant présente.

Je t’appelle à nouveau (d’un sms !). Je fais play. Tu es là.
Tu reçois mes propositions, j’incorpore tes sensations.

Nous montons.
En silence.

Plus long le chat dans la brume, journal d’une monteuse

Le voilà enfin !

Tout chaud sorti des cartons de l’imprimeur et édité par les éditions Adespote (une toute jeune maison d’édition !)

Je suis très émue ! Et je le trouve plus beau que dans mes rêves !

Mes chers lecteurs seront bien sûr les premiers informés de la mise en vente (par correspondance et en libraire) et des signatures organisées un peu partout. 

Pleins de surprises à venir donc… pour ce livre que j’ai voulu joyeux et pleins d’aventures ! 

Pour ceux qui seront à Lussas, le livre sera en avant-première à la libraire du festival🙂
Je suis très heureuse et vous remercie tous, pour tous vos encouragements !

Entendu en salle de montage

« On va trouver le début à la fin ! »

Bien oui. Quoi de plus naturel que de trouver un bon début seulement quand on a la fin du film et donc pas au début du travail mais à la fin ?

« Dans le montage, il n’y a rien de technique, ça se passe ailleurs »

Je provoquerai en disant que le montage c’est avant tout la maîtrise technique d’appuyer sur la touche « i », d’appuyer sur la touche « o » et sur une flèche rouge ou jaune. Le reste… C’est dans les yeux (comment je regarde), dans la tête (comment j’assemble), et dans les sensations (comment j’emotionne = construction des émotions par les émotions). 

Ah ! La salle de montage…

Rêver un film pour mieux le penser

« La Philosophie oublie souvent
Qu’avant les pensées, il y’a les songes.
Avant les idées claires et stables,
Il y’a les images qui brillent et qui pensent.

Pris dans son intégralité,
L’Homme est un être qui non seulement pense,
Mais qui d’abord l’imagine.
Un être qui est éveillé,
Mais assailli par la ronde d’images précises
Dès qu’il est endormi,
Rêve de pénombre où se meuvent des formes inachevée,
Des formes qui se déplacent sombres,
Des formes qui se déforment sans fin.

Nous sommes des dormeurs éveillés,
Des rêveurs lucides.

Il suffit d’un peu de solitude,
Afin que nous tombions dans une rêverie qui rejoint les songes de la nuit.

Nous sommes des dormeurs éveillés,
Des rêveurs lucides. »

D’après un discours de Gaston Bachelard