Semaine 3 – vue du ciel

La semaine trois, c’est celle qui permet d’avoir la première vue d’ensemble.

Je connais mes rushes, je sais où ils se trouvent dans la machine, je les ai pré-montés, j’ai une première idée de ce que je peux faire avec, où ils m’emmènent et où je les conduis. On s’est testé. J’ai expérimenté plusieurs pistes d’écriture : du reportage à la séquence cinématographique pour suivre les codes, mais la plupart du temps, je suis inspirée par le tournage. Le « style » du tournage guide mon découpage. Et il n’y a pas de mystère : c’est plus facile de monter quand c’est « délicieusement » tourné ! Point de vue et mise en scène sont mes grands amis. Je chasse les plans amusants, émouvants et la création, par leur assemblage, d’un sens thématique et immersif. 

J’ai construit 33 minutes, le début du film. Ensuite je l’ai dé-construit et re-construit pour arriver à 22 minutes. Puis j’ai assemblé des modules sons-images-musique par thématique pour la partie « mission dans l’ISS » car toute la matière n’est pas encore là. Je dessine Thomas dans le film à l’image de ce qui m’est offert. 

Finalement c’est un peu comme si je montais un film d’archive maintenant. J’ai des éléments documentaires provenants de multiples sources : web, NASA, ESA, caméra personnelle, etc… quelques sources sonores. De la matière déjà relayée sur les réseaux sociaux, une autre inédite. 

Quelle valeur ajoutée apporte le film ? Comment le montage met en scène une histoire qui se raconte aussi dans les medias ?

Pleins de questions en cours de fabrication. Mais une chose est sûre, j’ai une vue d’ensemble maintenant. 

La terre vue du ciel, le film vu de l’Avid. 

Semaine 1 – Faire les bons choix

Journal de bord du montage du film sur Thomas Pesquet pour la 25ème heure production.

Semaine 1 – Faire les bons choix

Je rentre dans la petite salle où travaille Marie Estelle, la merveille merveilleuse qui est assistante sur ce projet (et monteuse elle-même par ailleurs).

MARIE ESTELLE
Tu veux voir la tête d’une assistante qui se décompose ?

Euhhhh… pas sur.

Je m’assoie, je l’écoute.

On reçoit des rushes de partout, l’ESA, la NASA, et question transcodage va y avoir du travail. Donc faire les bons choix ça a déjà commencé : choisir Marie Estelle qui assure.

NTSC, HD, 6K, 4K, go pro, RED, j’en passe et des meilleurs, on opte pour l’harmonisation de toutes les sources.

Ça mouline sur plusieurs ordinateurs… l’espace, la terre, l’ISS, passent à la moulinette du 25p.

Comme il parait que le superbe tableau de Marie Estelle a déjà fait « le tour du bulding », elle pourra désormais dire qu’il a fait le tour du web !

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Semaine 2 – Embarquer dans le vaisseau

Des rushes qui tombent comme des météorites. D’autres qui filent comme des comètes…

LE REALISATEUR
JOUR 4
Tiens y’a cette séquence là ! Prends tous les rushes ici !

LE REALISATEUR
JOUR 6
Ah ça ! Finalement non, ça ne fait pas partie du projet !

A peine rentrés dans l’AVID déjà expédiés ailleurs… qui me dit qu’ils ne reviendront pas plus tard…

J’embarque dans le vaisseau… et je me construis le mien. L’AVID c’est mon ISS pour 8 semaines. Je fais mes bins, j’organise, je tri.

Je regroupe les plans par thématique, j’en reçois tous les trois jours, j’ai beaucoup de mal à avoir une vue d’ensemble.

Je ne fais pas 16 fois le tour de mes rushes par jour, contrairement à Thomas qui fait 16 fois le tour de la terre par jour, mais j’organise des grands continents, des espaces de montage, dans lequel je laisse des trous noirs, en attendant les plans dont on m’a parlé mais que je n’ai jamais vu.

Il semble que je serai « livré » jusqu’à la fin du montage. J’aurai moi aussi des « cargos » régulier d’images, avec des surprises et des éléments attendus qui viendront modifier mes constructions à trous !

Justement, la séquence DOCKING CARGO dans laquelle Thomas « amarre » le cargo HTV comporte 3 plans noirs ! les plans du fameux cargo en bonne def dont voici une photo.

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Marie Estelle

Marie Estelle travaille avec moi. Et sans Marie Estelle je serai bien en peine.

Voilà tout ce que je peux faire grâce à elle :

Arriver le matin en salle de montage en étant sereine.
Me concentrer sur mes séquences, tout mon rapport artistique au film (musique, construction, dérushage…). Avoir le temps de me plonger dans toutes ces questions-là. Pleinement.
Améliorer ma connaissance de la machine (parce qu’elle est super méga calée Marie Estelle).
Discuter, échanger, prendre des décisions en connaissance de cause – avec elle.
Former à une équipe, qui s’agrandira d’un stagiaire.
Developper un travail collectif, transmettre et être solidaire.
Partager la connaissance complémentaire des mêmes rushes… mon dieu, j’ai une double mémoire maintenant !
Avoir l’immense chance de croiser son sourire tous les matins et tous les soirs !

Ce blog manquait cruellement d’une vue sur le travail – indispensable – de l’assistante monteuse, la merveille merveilleuse.

Ce nouveau projet ne me permettra qu’une collaboration réduite avec ma perle rare, mais j’attends le prochain pour partager encore plus : déployer, activer, co-créer, inventer, pour aller plus loin, plus vite, plus profondément, ensemble et pour le film !

Numérique

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