Rêver un film pour mieux le penser

« La Philosophie oublie souvent
Qu’avant les pensées, il y’a les songes.
Avant les idées claires et stables,
Il y’a les images qui brillent et qui pensent.

Pris dans son intégralité,
L’Homme est un être qui non seulement pense,
Mais qui d’abord l’imagine.
Un être qui est éveillé,
Mais assailli par la ronde d’images précises
Dès qu’il est endormi,
Rêve de pénombre où se meuvent des formes inachevée,
Des formes qui se déplacent sombres,
Des formes qui se déforment sans fin.

Nous sommes des dormeurs éveillés,
Des rêveurs lucides.

Il suffit d’un peu de solitude,
Afin que nous tombions dans une rêverie qui rejoint les songes de la nuit.

Nous sommes des dormeurs éveillés,
Des rêveurs lucides. »

D’après un discours de Gaston Bachelard

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Les films ne naissent pas libres et égaux 

« 1- les films ne naissent pas de nulle part, il y a une corrélation entre la cinématographie et l’époque où une production prend corps et le type de réalisation (de création) possible. 2- La rencontre entre un film et son public ne dépend pas que du film, mais d’éléments à la fois culturels et économiques (la réception des films est en grande partie déterminée par des critères extérieurs au film). »

Frédéric Sojcher dans La direction de spectateurs. Page 80. Dir. Dominique Chateau. 

Tissage

Au fur et à mesure que je tisse le film, je tresse également une relation avec ma partenaire de travail : ma réalisatrice (du moment).

Nous venons de franchir cette semaine la double étape de :

  • On a la même idée au même moment.
  • On discute comme un vieux couple.

J’analyse.

Avoir la même idée au même moment arrive en général quand le film prend (enfin) la parole. Quand « il » est là, c’est à dire quand sa structure est éprouvé, qu’elle fonctionne bien même si elle boite encore, le film a voix au chapitre.

Le fait qu’il ait désormais une forme pose un cadre. Les idées sont donc prises dans un cours d’eau. Mais cela se passe aussi car nous nous connaissons bien dans le travail. Nous avons élaboré conjointement : je pose une brique, tu en poses une autre, et là nos mains se croisent sur la même brique. On a eu l’idée en même temps !

Le vieux couple ça me fait toujours beaucoup rire. Je sais que ma douce réalisatrice réagit toujours de la même manière sur un tout petit détail (en apparence) et ça ne manque pas. De même il se trouve que je résiste depuis le début à une idée toute simple, mais rien n’y fait. Alors parce qu’on a ri de tout ça, aujourd’hui on est allé contre nos élans respectifs.

C’était bien.

Mais je note que les résistances, les siennes et les miennes, sont quand même souvent significatives qu’il manque quelque chose à la proposition. Les résistances deviennent un outil de travail. Je les utilise comme telles. Si tu dis non c’est que quelque chose te gêne. Quoi ? Explique moi !