« Le montage est un ectoplasme »

« Le paysage cinématographique n’a plus grand chose à voir avec le paysage original, avec sa réalité commune, naturelle et sociale.

Le cinéma est un art de la découpe. Le cinéma découpe des paysages à la hache. Exsangues, les paysages y perdent naturellement leur physionomie première et tout leur tremblement au tranchant des plans du cinéma et de leur extraction.

D’extérieur, la paysage ainsi découpé, filmé, monté, devient intérieur.

Le paysage cinématographique, sous ses dehors, ne parlerait ainsi plus tant de la France, par exemple, que de son intériorité, désormais : l’intériorité de la France, qui est rendue là visible par ce prodige qu’est la transfiguration du cinéma.

(Le montage est un ectoplasme, s’y montre un réalité qui d’elle-même n’a jamais existé – hors celle des plans épars dont elle est l’assemblage – d’où la puissance inouïe, d’où son branlebas…) »

Bruno Dumont.

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