Solfège cinématographique

Un ami monteur m’enseigne l’art de la comédie : « tu vois, ta séquence il faut qu’elle swing, la comédie c’est comme du Jazz ».

J’adore apprendre, et des comédies je n’en ai pas beaucoup montées. C’est belle et bien ma première à vrai dire. Alors ni une ni deux, je fais des recherches sur la rythmique et en effet, cela pourrait bien m’aider.

Ai-je suffisamment le sens du rythme ? Pour le cinéma naturaliste, les temps doux, la tension, les sentiments, le mélo… oui. Je respire avec mes rushes de manière très naturelle. Mais pour la comédie, plus « jazzy » donc, et en rapport étroit avec le texte, la diction, le placement des regards et des gestuelles, c’est moins évident. Je dois y travailler pour m’habituer, pour comprendre et pour acquérir cette nouvelle écriture. Il faut que ce rythme ne soit plus extérieur à moi mais en moi.

Je lis : « un rythme acquis est un rythme qui se vit sans contrainte ». Pour sûre, à la cinq ou sixième séquences je devrais l’avoir un peu mieux acquis.

Un rythme est vivant donc, et même si on montait en parallèle (je veux dire si plusieurs monteurs montaient) un découpage strictement identique certainement le rythme serait à chaque fois un peu différent. Aucun monteur ne peut placer ses raccords parfaitement aux mêmes endroits. Donc tel des musiciens, les monteurs colorent le rythme intra-sec des sequences et donc des films. J’adore.

🧐 J’explore les rythmes du Jazz pour m’inspirer :

  • La syncope : un son sur un temps faible suivi d’une prolongation sur un temps fort. 👍
  • Le contretemps : on brise le rythme de façon accidentelle. L’accent sur une note choisie amplifie la sensation. En général on appui un temps faible comme dans la syncope mais sans prolongation sur le temps fort. 🤔
  • L’accentuation : naturelle (sur les temps forts), provoquée (sur les notes les plus élevées – en comédie sur les meilleurs répliques ?), appuyée (sur ce qu’on veut en fait c’est là qu’on met sa patte). 🐾

Et puis le swing : on accélère les moments déjà les plus courts. 🎶

Pas mal de pistes donc pour éviter le rythme ronronnant ou trop classique. Surprendre, saisir, dégringoler, étirer, faire exploser… comme en cuisine tout est affaire de précision dans les raccords pour que la sauce prenne ou la mayonnaise monte.

Allez, s’amuser quand même pour surtout « faire rire ».

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