Face au vide

À la fin du visionnage des rushes, la réalisatrice se tourne vers moi et me dis : « alors… En ayant vu tout ça, tu penses qu’il y a de quoi faire un film ? »

Je suis encore assommée par le visionnage durant lequel j’ai reçu quasiment d’un seul coup un paquet d’images, un monde inconnu et morcelé, des tentatives, des ratages, de la longueur, de la beauté… Le tout dans tous les sens.

La voilà qui attends.

« Alors… En ayant vu tout ça, tu penses qu’il y a de quoi faire un film ? »

Que puis-je répondre ?

À cette étape, je devine des choses. Je vois à travers la brume. J’ai un début d’organisation des éléments. Mais… Au fond… Je nage encore un peu.

Et alors que je me relève à peine de cette avalanche de rushes, de sensations, d’éclatement, de tout ce petit monde en devenir, je la regarde…

Je sais qu’elle attends mes mots. Qu’ils vont être lourds de sens.

« Oui… »

Me voilà qui me lance dans un retour honnête… Pesant chaque mot. Appuyant sur les forces, sur les lignes du film, sur les séquences clés, mais faisant part aussi de mes doutes. Des fragilités que je pré-sens.

Aussi je ne montre pas ma propre angoisse. Je la dissimule parce que je la connais bien et je sais qu’elle est normale. Au delà de son film à elle.

J’ai l’impression d’être au dessus d’un précipice. Nous avons tout vu. Voilà avec quoi il va falloir faire un film. Tout est là et pourtant rien n’existe. Tout est à faire.

C’est le grand saut !

Nous sommes vierges et pourtant déjà demain il y aura quelque chose, d’encore si inconnu….

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