La confiance

Après l’intuition et le doute, j’aimerai parler de la confiance.

Il n’y a rien de pire je crois que de perdre confiance. Et quand les difficultés arrivent, il faut lutter contre ça.

Qu’est-ce qui amène à la perte de confiance ? C’est justement de trop mettre à l’épreuve son intuition. Une intuition trop contrariée ne fonctionne plus ou fonctionne mal. Parce qu’en étant « coupée » trop tôt dans son élan, elle ne peut plus éprouver la validation et donc elle ne guide plus. Ou guide mal.

Il est très important de retrouver cette dynamique d’échange entre les rushes, les intuitions, et les validations. Sinon c’est l’impasse.

Je sors d’une impasse. Parce que mon intuition avait été malmenée, et parce que je ne l’écoutais plus assez, nous avons pédalé dans la semoule. Nous nous sommes communiqué la peur, la défiance.

Quand un réalisateur se met à trop douter, ou à se fermer sur des positions, à ne plus guider, à ne plus entendre lui non plus la confiance qu’on lui porte et qu’on porte à son travail, les dégâts sont les même. On est tous perdu. Plus de boussole, plus d’assise, trop de possible, plus d’horizon ou trop d’horizon… Il faut un cap.

Il semblerai donc que faire un film nécessite une grande qualité d’écoute (de soi, de l’autre, du film) et de confiance partagée (je sais pourquoi je travaille avec toi) essentielles à la mise en œuvre. Qui peuvent être mises à l’épreuve dans le temps et quand le temps s’emparent lui aussi de l’œuvre.

Mais bien heureusement la confiance de retrouve. Se renouvelle. Et permet de repartir. Dans un nouveau souffle. Car le montage s’effectue aussi par mouvement. Et que pour s’affranchir d’une forme ou d’une idée pré-conçue ou d’un problème, il faut parfois transcender quelque chose.

Ah ! Ce terrible équilibre entre doute (je préssens mais je reconnais que je n’ai pas expérimenté) et doute (légitimité à sentir, ai-je raison d’insister ?).

L’expérience devrait quand même légitimer les ressentis et leurs analyses. Sans tomber pour autant dans les certitudes et les habitudes. Numéro d’équilibriste.

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La leçon de piano, Jane Campion, 1993

Une réflexion sur “La confiance

  1. j’aime bien cette façon que tu as de formuler ce par quoi tu passes…. je trouve vraiment ça très intéressant quoique n’étant absolument pas concerné (du moins pas directement) par tout ce que tu évoques…

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