Le secret du cadre c’est l’écoute

Le secret du cadre c’est l’écoute me dit le producteur avec lequel je travaille depuis des années.

Cette phrase résume parfaitement le découpage qui s’opère lors du tournage en documentaire.

Rien de plus frustrant en salle de montage qu’un moment d’émotion, ou de discours, « coupé » en plein essor par un vilain recadrage.

On est là, on assiste à un moment de grâce, ou à la synthèse verbale qu’on attendait, et paf le recadrage ! Un gros zoom, le point qui se cherche, bref 5 à 8 secondes à « couvrir », c’est à dire à illustrer par un autre plan plus propre, si on veut monter ce passage.

À l’inverse on assiste beaucoup plus souvent à des belles danses entre le cadreur et le sujet filmé où l’on sent l’empathie et le corps à corps. Tout est juste. La valeur de plan s’adapte à l’intensité dramatique, le découpage est « naturel », il vient sublimer le réel.

Lorsque que cet exercice est parfaitement réalisé, le montage devient lui aussi une danse. Les points de coupe naissent d’eux-même et la séquence se modèle rapidement. C’est beau. On admire.

Écouter le réel ou écouter sa matière. La respecter. Ne pas aller contre. Faire corps. Rien de tel pour travailler le rythme.

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