Jusqu’où peut-on tenir une séquence ?

Jusqu’au bout !

Et c’est ce qui m’a le plus touchée dans le film de Nicolas Philibert Le pays des sourds à quasiment une heure de film lors d’une magnifique séquence de 4 minutes.

Une maman entendante et son petit garçon sourd discutent dans le jardin. Ils sont proches, ils se câlinent, leur conversation est intime et profonde. Une seule coupe vient rompre la continuité de cet échange au milieu de la scène.

Puis à la fin de la séquence le petit garçon sort du champ. Se passe quelques secondes et voilà qu’il re-rentre portant la perche avec sa grosse bonnette en poil à sa bouche. S’en suit un moment de jeu avec le micro (il fait des sons dans la bonnette) puis des grimaces face à l’objectif de la caméra qu’il est venu chercher. Tout cela en continuité, sans coupe, sous le regard de la maman en arrière plan. C’est un moment d’émotion formidable, où se joue l’interaction du film et de l’équipe avec cet enfant.

J’aurais aimé monter cette prise. J’aurais aimé transgresser cette règle qui fait qu’on ne montre pas la technique du film, parce que là, justement, ça prend tout son sens.

Je garde désormais cette liberté en tête.

le pays des sourds 2

le pays des sourds

Le pays des sourds 3
Florent dans Le pays des sourds de Nicolas Philibert 1992, montage : Guy Lecorne

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2 réflexions sur “Jusqu’où peut-on tenir une séquence ?

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