D’année en année

Le travail de montage peut parfois prendre du temps. Un temps qui ne se compte plus en jours, ni en mois, mais en années.

Accompagner un réalisateur ne se résume pas à l’aventure d’un film. Accompagner un réalisateur c’est suivre son travail et le questionner sur une longue durée.

C’est une relation intense, riche d’échanges, parfois entrecoupée de longs silences pour mieux se retrouver.

Je travaille avec certains réalisateurs depuis 7 ou 8 ans. Je travaille autant avec eux en salle de montage que lors de nos rendez-vous informels pendant les périodes d’écriture, de préparation de tournage, ou tout simplement après la projection d’un film que l’un ou l’autre a voulu partager parce qu’il nous permet d’approfondir nos propres réflexions.

Une partie de mon travail est donc d’assurer la continuité de nos échanges et de construire une mémoire de notre relation. Je construis aussi de manière plus intime, pour moi, un paysage globale du travail artistique du réalisateur. Les pièces de cet immense puzzle s’assemblent et se déplacent dans le temps. J’évolue avec le réalisateur en épousant les allers et venues de son propre cheminement.

Ma mémoire (très affective) me permet aussi de retenir des dialogues très précis quant à nos précédentes expériences. Elle me permet de nuancer ou de confirmer certaines affirmations exprimées bien plus tard. J’ai aussi une bonne perception des désirs artistiques de chacun des réalisateurs que j’accompagne, parce que j’ai passé beaucoup de temps à les comprendre. A savoir précisément ce qu’il voulait. Pourquoi ? Comment ? L’origine ?

Il arrive que le monteur relance de « vieilles » envies, qu’il fasse des liens, qu’il encourage certaines pistes de travail parce qu’il sait qu’elles s’inscrivent dans la singularité du travail de son réalisateur.

Je perçois aussi le monteur comme un point d’ancrage et de stabilité dans les périodes de doutes. Malgré toute l’empathie que je peux mettre dans un projet, je garde toujours une distance qui me permet de garantir au réalisateur une présence rassurante. Je ne doute jamais de sa légitimité ni de notre avancée, ce qui permet au réalisateur de pouvoir éprouver ses propres doutes artistiques. Le monteur est là pour soutenir.

Les réalisateurs sont parfois épuisés en salle de montage. Perdus, fatigués, découragés, le monteur devient relais d’énergie. Il est tout frais en bout de course ! Il se nourrit du travail accompli pour redonner du souffle à son réalisateur.

Toute cette dimension d’accompagnement, de confiance, de construction, fait partie des grands fondamentaux de ma passion pour le montage.

Pour Simon, Arnaud, Elisabeth, Anaëlle et Hélène.

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